Pro Breeze est probablement la marque de déshumidificateurs la plus visible en France, et ses appareils font correctement leur travail. La question n'est donc pas de savoir s'il faut en acheter un, mais lequel — et c'est là que presque tout le monde se trompe, parce que le chiffre imprimé sur le carton ne veut pas dire ce qu'on croit.
Un « 12 litres par jour » n'extrait pas 12 litres par jour chez vous. Ce n'est pas une exagération commerciale : c'est une mesure de laboratoire, prise dans des conditions qui n'existent pas dans un appartement français en novembre. Comprendre cet écart, c'est la différence entre acheter le bon appareil et acheter un appareil qui tournera en permanence sans jamais faire baisser votre hygrométrie.
Ce que « 12 litres par jour » veut vraiment dire
En Europe, le référentiel d'essai des déshumidificateurs à compresseur est la norme EN 810. Elle prévoit plusieurs points de mesure possibles, mais l'industrie a convergé vers celui qui donne le meilleur chiffre : 30 °C et 80 % d'humidité relative.
Cet air-là contient environ 21,7 grammes de vapeur d'eau par kilogramme d'air sec. C'est un air tropical. Il maximise le point de rosée et donc la condensation sur l'évaporateur de l'appareil. Un logement européen se situe plutôt entre 18 et 22 °C, avec 50 à 70 % d'humidité — soit plus de deux fois moins d'eau disponible dans l'air.
Rien de tout cela n'est illégal, ni même dissimulé : les conditions figurent sur la plaque signalétique ou dans le manuel. Simplement, aucune réglementation européenne n'oblige à les afficher en face avant, et personne ne les affiche.
La preuve par les États-Unis
Le meilleur argument n'est pas théorique, il est réglementaire. Jusqu'en 2019, le Département de l'Énergie américain testait les déshumidificateurs portatifs à 26,7 °C et 60 %. Constatant que ces appareils servent surtout dans des sous-sols non chauffés, il a imposé début 2020 un nouveau protocole à 18,3 °C et 60 % — huit degrés de moins, rien d'autre.
Les appareils, strictement identiques, ont vu leurs spécifications officielles chuter de 25 à 35 % : les modèles certifiés 33 L/jour ont été redéclarés à 21-23,6 L ; les 23,6 L sont devenus des 14,2 L ; les 14,2 L sont devenus des 9,4-10,4 L. Aucun composant n'avait changé. Seule la température d'essai avait bougé.
La courbe qu'il faut avoir en tête
Voici ce que devient un appareil nominalement donné pour 20 L/jour selon la température de la pièce. Attention à l'humidité relative : à température égale, elle change le résultat du simple au double.
| Température | Humidité relative | Capacité relative | Extraction projetée | Ce qui se passe dans la machine |
|---|---|---|---|---|
| 30 °C | 80 % | 100 % | 20 L/j | Conditions de laboratoire |
| 25 °C | 60 % | ~60 % | ~12 L/j | Été humide, fonctionnement optimal |
| 20 °C | 60 % | ~45-50 % | 9-10 L/j | Logement chauffé, régime courant |
| 15 °C | 80 % | ~45-50 % | 9-10 L/j | Air froid mais très chargé |
| 15 °C | 60 % | ~30-35 % | 6-7 L/j | Apparition du givre, dégivrages |
| 10 °C | 60 % | ~15-20 % | 3-4 L/j | Le dégivrage domine le cycle |
| 5 °C | 60 % | < 10 % | < 1,5 L/j | Sécurité thermique, arrêt |
Projections établies à partir des lois psychrométriques et des essais publiés. Il ne s'agit pas de mesures L'Air Sain.
Retenez la ligne du milieu : dans un salon à 20 °C, un « 20 litres » en extrait 9 à 10. Et un « 12 litres », 5 à 7.
La gamme Pro Breeze vendue en France, modèle par modèle
Pro Breeze est une marque de One Retail Group Limited, société immatriculée en Angleterre et au pays de Galles sous le numéro 08663592, créée en 2013 et basée à Londres. Le groupe détient également Active Era et Cosi Home, et revendique plus de trois millions de produits vendus. La conception s'appuie sur des fabricants sous contrat asiatiques, comme la quasi-totalité du marché sur ce segment de prix.
| Modèle | Technologie | Capacité annoncée | Conditions de mesure | Estimation à 20 °C / 60 % | Réservoir | Puissance | Bruit annoncé | Prix constaté |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PB-02 | Peltier | 0,25 L/j | 30 °C / 80 % | ~0,2 L/j | 0,5 L | 23 W | — | ~40 € |
| PB-18 | Compresseur | 12 L/j | 30 °C / 80 % | 5-6 L/j | 2,0 L | 200 W | 39 dB | 100-155 € |
| PB-08 | Compresseur | 20 L/j | 30 °C / 80 % | 9-10 L/j | 5,5 L | 420-450 W | 38-48 dB | ~196 € |
| PB-30 | Compresseur | 30 L/j | 30 °C / 80 % | 13-15 L/j | > 5 L | > 500 W | ~50 dB | 250 € et + |
Prix relevés sur les places de marché françaises ; ils varient fortement selon les périodes.
La colonne « conditions de mesure » est la seule qui compte vraiment, et c'est celle que les pages de comparaison omettent systématiquement. Sans elle, comparer un 12 L à un 20 L revient à comparer deux chiffres sans unité.
Deux remarques pratiques. Le réservoir de 2,0 litres du PB-18 est petit au regard de sa capacité : en régime soutenu, vous le viderez plusieurs fois par jour si vous n'utilisez pas la sortie de drainage continu. Et le PB-08 est le seul de la gamme dont le bac de 5,5 litres permet une vraie autonomie.
Les mini Pro Breeze : ce qu'un module Peltier peut réellement faire
C'est la confusion la plus coûteuse de cette catégorie. Les mini-déshumidificateurs sont nommés d'après la contenance de leur réservoir — 500 ml, 1000 ml, 1500 ml — et beaucoup d'acheteurs comprennent qu'il s'agit de la capacité d'extraction quotidienne.
Un module Peltier n'utilise ni compresseur ni fluide frigorigène. Il exploite le passage du courant à travers une jonction de semi-conducteurs pour créer une face froide et une face chaude. C'est silencieux, minuscule et très bon marché. C'est aussi thermodynamiquement très faible : son coefficient de performance plafonne autour de 0,32, et sa puissance frigorifique est telle que l'extraction réelle atteint 250 à 300 ml par 24 heures — y compris dans les conditions favorables de 30 °C et 80 %.
Maintenant, comparez au besoin réel. Selon les référentiels ASHRAE, un adulte au repos libère 1,25 à 1,5 litre d'eau par jour par la respiration et la transpiration. Un mini Peltier extrait donc environ un cinquième de ce qu'une seule personne produit — sans compter la douche, la cuisine ou le linge.
Ces appareils ne sont pas inutiles, ils sont mal vendus. Leur usage réaliste se limite à des volumes fermés et inoccupés de moins de 4 m² : placard, dressing, armoire, coffre, étui à instrument. Pour ces micro-volumes, un simple absorbeur à gel de silice fait souvent le même travail sans électricité. Pour une chambre, il faut un compresseur.
Quelle capacité pour votre logement : la méthode du bilan hydrique
La surface au sol est un mauvais critère, et c'est pourtant le seul que donnent la plupart des comparatifs — parfois en attribuant les mêmes 40 m² à un 10 litres et à un 20 litres, ce qui devrait suffire à alerter.
La bonne question n'est pas « combien de mètres carrés » mais « combien de litres d'eau ma pièce reçoit-elle chaque jour ». Voici les ordres de grandeur établis par les référentiels du bâtiment.
| Source d'humidité | Eau générée par jour |
|---|---|
| Une personne (respiration, transpiration) | 1,25 à 1,5 L |
| Une douche | 0,5 à 1,0 L |
| Une lessive séchée à l'intérieur | 2,0 à 4,0 L |
| Cuisson, 3 repas pour 4 personnes | 1,0 à 1,5 L |
| Remontées capillaires (cave, rez-de-chaussée ancien) | 3 à 10 L et plus |
| Total foyer de 4, usage courant | 12 à 16 L |
La méthode en trois étapes
- Additionnez vos sources. Deux adultes dans un T3, une douche quotidienne, la cuisine, et deux lessives par semaine séchées sur un étendoir : vous êtes autour de 5 à 7 litres par jour en moyenne, avec des pics à 9 ou 10 les jours de lessive.
- Lisez la capacité réelle à votre température, pas la capacité nominale. Un appartement chauffé à 20 °C ramène un « 12 L » à 5-6 L et un « 20 L » à 9-10 L.
- Prenez de la marge. Un appareil qui tourne en permanence à sa limite ne fera jamais baisser l'hygrométrie ; il se contentera de compenser. Pour descendre réellement vers la zone recommandée de 40 à 60 % d'humidité relative, il faut une capacité supérieure à la génération quotidienne.
Le résultat surprend souvent : le foyer de quatre personnes qui sèche son linge à l'intérieur a besoin d'une classe 20 litres nominale au minimum, pas d'un 12 litres. Si le séchage du linge est votre motivation principale, montez d'un cran par rapport à ce que vous envisagiez.
Cave, garage, buanderie froide : le cas où aucun Pro Breeze ne convient
Pour qu'un déshumidificateur à compresseur condense l'eau, la surface de son évaporateur doit être plus froide que le point de rosée de l'air. Dans une pièce à 15 °C ou moins, cette surface descend inévitablement sous 0 °C. Le condensat ne s'écoule plus : il gèle sur les ailettes en aluminium.
La glace obstrue alors le passage de l'air et agit comme un isolant. L'appareil doit lancer un cycle de dégivrage — dans la quasi-totalité des modèles domestiques, cela consiste à couper le compresseur et à laisser tourner le ventilateur seul pour réchauffer l'évaporateur par convection. Plus la pièce est froide, plus ce dégivrage est lent. Concrètement :
- entre 10 et 15 °C, la machine peut passer 30 à 50 % de son temps de fonctionnement à dégivrer, en consommant sans extraire ;
- sous 10 °C, elle devient techniquement inadaptée ;
- sous 5 °C, la plupart des appareils déclenchent une sécurité et s'arrêtent.
Un compresseur devient également inefficace lorsque l'humidité relative descend sous 45 % : le point de rosée est alors si bas que l'énergie sert à refroidir l'air sans rien condenser.
Ce qu'il faut à la place
Pour ces pièces, la réponse technique est le déshumidificateur à dessiccant. Il n'a ni compresseur ni fluide frigorigène : l'air traverse un rotor imprégné de gel de silice ou de zéolithes, qui capture la vapeur par adsorption. Un secteur de régénération chauffe ensuite l'air à 120-150 °C pour libérer l'eau, qui est condensée dans le réservoir.
Cette architecture est indifférente au froid. Un dessiccant maintient 7 à 10 litres par jour de manière stable, de 1 °C à 30 °C, sans jamais givrer. Sa contrepartie est énergétique : 500 à 700 W contre environ 300 W pour un compresseur de capacité équivalente. Mais cette énergie est intégralement restituée en chaleur dans la pièce, ce qui est rarement un inconvénient dans une cave.
Nous ne vendons pas de déshumidificateur à dessiccant. Si votre pièce est froide, c'est pourtant vers cette technologie qu'il faut aller — nous détaillons les cas de la cave et du sous-sol et du garage dans des guides dédiés.
Le budget réel : consommation, durée de vie, garantie et service en France
Ce que ça consomme
Prenons des hypothèses explicites : un compresseur de classe 20 litres absorbe 400 W en fonctionnement, tourne 8 heures par jour, sur une saison humide de 180 jours. Cela donne 576 kWh par an, soit environ 145 € au tarif réglementé français, et près de 435 € sur trois ans — davantage que le prix d'achat de l'appareil.
Une nuance importante que personne ne mentionne : cette électricité n'est pas perdue. Un compresseur restitue à la pièce la totalité de l'énergie consommée par son moteur, à laquelle s'ajoute la chaleur latente libérée quand la vapeur se condense. En saison de chauffe, la consommation du déshumidificateur se substitue en partie à celle de vos radiateurs. Et un air sec demande moins d'énergie à chauffer qu'un air saturé. Le coût net est donc inférieur au calcul brut. Nous détaillons ce calcul dans notre guide sur la consommation d'un déshumidificateur.
Ce qu'il n'y a pas à racheter
Bonne nouvelle : sur la gamme compresseur classique, aucun consommable payant. La protection de l'évaporateur est une simple grille en nylon, lavable à l'eau courante. Seules les unités hybrides déshumidificateur-purificateur imposent l'achat de filtres HEPA ou charbon actif.
Combien de temps ça dure
La durée de vie moyenne se situe entre 5 et 8 ans. Les défaillances typiques touchent le circuit frigorifique — micro-fuites de R290 par corrosion des coudes — et les roulements du ventilateur centrifuge. Sur cette gamme de prix, la réparation du circuit est économiquement dissuasive. Il faut le savoir : aucune donnée publique auditable n'existe sur les taux de panne réels de ces appareils, toutes marques confondues.
Le bruit annoncé et le bruit mesuré
Un point d'honnêteté qui vaut pour l'ensemble du marché, nous compris. Les niveaux sonores affichés par les fabricants sont des mesures en conditions optimisées. Les essais sonométriques menés par les associations de consommateurs européennes relèvent régulièrement 48 à 55 dB sur des appareils annoncés à 38 dB. Ce n'est pas propre à Pro Breeze : c'est la façon dont toute la catégorie communique. Si le silence est votre critère décisif, considérez les chiffres annoncés comme un ordre de grandeur, jamais comme une garantie — et lisez notre guide sur le déshumidificateur pour chambre.
Achat, garantie et service
En France, Pro Breeze vend en direct et via les places de marché. Il n'existe pas de réseau de distribution physique agréé, ni de service après-vente localisé sur le territoire français. Le support est centralisé au Royaume-Uni et fonctionne principalement par courrier électronique. Le retour d'un appareil de plus de 10 kg passe par un transporteur logistique.
Les avis agrégés sur les plateformes indépendantes situent la marque entre 3,6 et 4,6 sur 5 selon les canaux. Les retours positifs saluent l'efficacité d'extraction des modèles 12 et 20 litres et la simplicité d'utilisation. Les insatisfactions récurrentes portent sur la logistique de livraison, un niveau sonore supérieur aux attentes, et la réactivité du support en dehors des procédures de la place de marché.
Alors, lequel choisir ?
Les capacités ci-dessous sont mesurées à 30 °C et 80 % d'humidité relative, comme celles de tout le marché. Appliquez la règle de la moitié pour un logement chauffé à 20 °C.
Déshumidificateur Électrique 30 L WiFi — Drainage continu
Maison entière, sous-sol tempéré, séchage de linge régulier, suites d'un dégât des eaux.
À choisir si
- Votre bilan dépasse 12 L d'eau générée par jour
- Vous voulez le drainage continu sans vider de bac
- Vous pilotez l'appareil à distance depuis le téléphone
- La pièce reste au-dessus de 15 °C
Déshumidificateur Électrique 16 L — Appartement & Séchage linge
Le modèle qui correspond au bilan calculé d'un foyer de quatre personnes séchant son linge à l'intérieur.
À choisir si
- Vous séchez du linge à l'intérieur, même occasionnellement
- Vous couvrez plusieurs pièces d'un appartement
- Vous voulez de la marge sans passer à la classe 30 L
- Double drainage : bac ou évacuation continue
Déshumidificateur Électrique 10 L — Chambre & Salle de bain
Une seule pièce à traiter : chambre, salle de bain, bureau. L'humidistat arrête l'appareil dès la cible atteinte au lieu de le laisser tourner en continu.
À choisir si
- Votre bilan reste sous 5 L d'eau générée par jour
- Le problème est localisé : condensation, moisissure de joint
- Vous voulez éviter le fonctionnement permanent
Et si votre pièce est froide, ne prenez aucun des six appareils cités dans cet article. Prenez un dessiccant. Pour élargir au-delà de Pro Breeze et de notre sélection, notre comparatif général des déshumidificateurs applique la même méthode de dimensionnement à l'ensemble du marché.
Questions fréquentes
Combien de mètres carrés couvre un Pro Breeze 12 L ?
Quelle différence entre le Pro Breeze 12 L et le 20 L ?
Un Pro Breeze fonctionne-t-il dans une cave non chauffée ?
Le mini Pro Breeze 500 ml suffit-il pour une chambre ?
Combien consomme un déshumidificateur Pro Breeze par an ?
Y a-t-il des filtres à racheter ?
Voir la sélection déshumidificateurs
- Norme EN 810 — Déshumidificateurs à compresseur électrique : essais de performance et marquage
- US Department of Energy — 10 CFR Part 430, Subpart B, Appendix X1 (révision 2020 des conditions d'essai)
- ASHRAE — Référentiels de génération d'humidité interne en habitat résidentiel
- Which? et Stiftung Warentest — Essais comparatifs de déshumidificateurs en conditions froides
- Trotec — Analyse comparée du rendement énergétique des modules thermoélectriques
- One Retail Group Limited — Companies House, n° 08663592
- Fiches techniques constructeur Pro Breeze (PB-02, PB-18, PB-08, PB-30)





